Bienvenue dans notre dictionnaire de gemmologie.
Retrouvez ici l’intégralité des concepts et définitions essentiels à la gemmologie. Chaque terme est expliqué de manière claire et précise. L’ensemble de ces définitions seront progressivement complétées de fiches pratiques détaillées, permettant une meilleur compréhension des concepts de la gemmologie.

Absorption sélective
Lorsque qu’un objet absorbe certaines composantes de la lumière et en transmet d’autres.
Adularescence
Reflet chatoyant sous la surface de la pierre dû à des interférences aux interfaces des couches de la pierre.
Agrégat
Masse formée d’un ensemble de cristaux de même nature ou de nature différente.
Aiguille
Inclusion longue, fine, solide ou tubulaire pouvant contenir du gaz et/ou un fluide.
Allochromatique
Se dit d’un minéral coloré par des impuretés/traces d’éléments chimiques dans sa structure cristalline, mais n’appartenant pas à la composition chimique propre au minéral.
Amorphe
Se dit d’une substance qui n’a pas de structure cristalline, exemple : l’ambre et l’opale.
Angle critique
Angle d’incidence de la lumière en dessous duquel la lumière est totalement réfractée par le matériau. Pour une gemme, cela signifie que la lumière incidente ne sera pas réfléchie par le pavillon, mais s’échappera par ce dernier conduisant à des manques de brillance.
Angle de réfraction
Angle formé entre le rayon réfracté (la lumière qui traverse la surface) et la normale (la ligne perpendiculaire à la surface de séparation entre les deux milieux) dans un phénomène de réfraction.
Anisotrope
Désigne un matériau dont les propriétés physiques varient en fonction de la direction dans laquelle elles sont mesurées. Cette variation directionnelle des propriétés est souvent liée à la structure cristalline du matériau, qui est ordonnée de manière régulière mais asymétrique dans l’espace. Dans le cadre de la gemmologie, l’anisotropie est surtout observée à travers des phénomènes optiques caractéristiques comme la biréfringence et le pléochroïsme. Lors d’une mesure au réfractomètre, la variation de l’indice de réfraction selon la direction est un critère d’identification d’une gemme ou d’un matériau anisotrope. Sur les sept systèmes cristallins du réseau de Bravais, seuls les minéraux du système cubique sont isotropes, tous les autres étant anisotropes.
Astérisme
Phénomène optique laissant apparaître un motif chatoyant en forme de croix ou d’étoile à la surface d’une gemme.
Automorphe
Se dit d’un minéral bien formé, se présentant sous la forme d’un cristal limité par des faces cristallines nettes.
Aventurescence
Effet optique de scintillement lié à la présence de nombreuses inclusions, souvent plates et métalliques, réfléchissant la lumière.
Axe optique
Axe monoréfringent d’un matériau anisotrope.
Bandes d’absorption
Visibles au spectroscope, elles sont des zones verticales sombres laissant un vide dans le spectre visible.
Balance hydrostatique
La balance hydrostatique est un instrument de mesure utilisé pour déterminer la densité (ou masse volumique) d’un solide en le pesant dans l’air puis dans un liquide, généralement de l’eau. Elle repose sur le principe d’Archimède, selon lequel un corps immergé dans un fluide subit une poussée égale au poids du fluide déplacé. En d’autres termes, la densité d’un objet correspond à la masse d’eau déplacée à son immersion.
Biaxe
Se dit d’un matériau possédant deux axes optiques.
Bicolore
Se dit d’une gemme affichant deux couleurs présentes par zonations.
Biréfringence
Elle correspond à la différence entre l’indice de réfraction le plus élevé et l’indice de réfraction le plus faible d’un matériau anisotrope.
Blanchiment
Traitement au moyen de produits chimiques visant à décolorer une pierre, souvent employé avant un traitement par teinture. Exemple de pierres souvent traitées par ces procédés : le jade, les perles.
Boule synthétique
Cristal synthétique en forme de cylindre, principalement synthétisé par méthode de fusion à la flamme.
Brillance
Quantité de lumière réfléchie par une gemme.
Brucelle
Pince servant à saisir et manipuler les gemmes.
Cabochon
Style de taille de gemme, non-facettée, généralement convexe avec un dessus bombé et lisse et un dessous plat ou légèrement bombé.
Camée
Pièce de bijouterie ou d’ornement sculptée en relief, souvent un portrait ou une scène mythologique, en relief sur un fond généralement de couleur contrastée, et généralement réalisée à partir de matériaux comme de la coquille, du corail, du verre.
Caractère optique
Désigne la manière dont un minéral interagit avec la lumière (monoréfringent, biréfringent uniaxe négatif ou positif, biréfringent biaxe négatif ou positif).
Carat (symbole : ct)
Unité de mesure utilisée pour indiquer le poids des gemmes, 1 carat = 0,2 gramme.
Ceinture
Partie étroite intermédiaire d’une gemme entre la couronne et le pavillon.
Centre de couleur
Défaut de structure atomique d’un matériau pouvant absorber certaines longueurs d’onde de la lumière et provoquer une couleur.
Changement de couleur
Phénomène où une gemme modifie son apparence colorimétrique en fonction du type de source lumineuse.
Chatoiement
Effet optique observé sous l’apparence d’une lumière en mouvement ou d’un reflet soyeux, souvent sous forme de bande lumineuse. Ce phénomène se produit par la réflexion de la lumière sur des inclusions fines parallèles (aiguilles) ou des structures internes (tubes creux).
Choc thermique
Dommage causé par un changement de température souvent soudain et de delta important.
Chromophore
Atome ou un groupe d’atomes dans une molécule ou un minéral responsable de l’absorption de certaines longueurs d’onde de la lumière, ce qui donne à la substance sa couleur. Des éléments chromophores courants incluent le chrome, le fer, le cuivre, et le vanadium.
Clivabilité
Capacité d’un minéral à se casser de manière nette et régulière le long de plans atomiques faibles de son réseau cristallin. Cette propriété dépend de la disposition particulière des atomes dans la structure cristalline du minéral, qui permet à ce dernier de se rompre facilement selon des directions spécifiques. En géologie et minéralogie, la clivabilité est un critère important pour l’identification des minéraux.
Clivage
Se dit d’une cassure interne d’un minéral résultant du phénomène de clivabilité.
Composition chimique
Elle décrit la nature et la quantité des atomes présents dans une substance.
Conductivité électrique
Capacité d’une substance à laisser passer un courant électrique.
Conductivité thermique
Capacité d’une substance à conduire la chaleur au travers d’elle.
Couleur fine
Couleur d’une gemme jugée comme étant des plus désirables dans le commerce.
Craquelage par trempe
Traitement consistant à faire subir un choc thermique à une gemme dans le but de lui infliger de micro-cassures. Ce traitement est utilisé en amont d’un traitement de teinture pour permettre la pénétration du produit de teinture à l’intérieur des micro-cassures préalablement infligées à la gemme.
Craquèlement (Crazing)
Réseaux de craquelures qui peuvent se développer dans une opale au cours de :
- La diminution de la teneur en eau de cette dernière. Exemple : séchage rapide par un air ambiant de faible hygrométrie après extraction.
- L’exposition à une source de chaleur. Exemple : lampes halogènes des vitrines d’exposition, variations de température.
- Variations hygrométriques importantes. Exemple : changement d’environnement de stockage, environnement sec à humide, puis d’humide à sec.
Cristal
Se réfère à un solide dont les atomes, ions ou molécules sont organisés de manière régulière et ordonnée, suivant un motif répétitif dans l’espace. Cette structure régulière influence ses propriétés physiques (comme la dureté, la conductivité, la dispersion…).
Cristal artificiel
Se dit d’une substance cristalline fabriquée par l’Homme pour laquelle aucun équivalent naturel n’est connu.
Cristal germinatif
Cristal embryonnaire qui se forme naturellement ou par synthèse chimique. Les cristaux germinatifs sont utilisés comme germe dans la croissance de certains cristaux synthétiques.
Cristal négatif
Cavité dans un cristal dont la forme cristalline est la même que le cristal hôte. La cavité ressemble à un cristal inclus et peut contenir des inclusions solides, liquides et/ou gazeuses.
Croissance par dissolution anhydre (Flux/Fondant)
Procédé de synthétisation au cours duquel des sels minéraux sont dissous dans des produits chimiques chauffés, puis cristallisent en refroidissant.
Cryptocristallin
Se dit d’une substance formée de l’assemblage de très petits cristaux, visibles uniquement sous très fort grossissement.
Cycle des roches
Ensemble de processus géologiques continus par lesquels les roches se forment, se transforment et se recyclent à partir de roches plus anciennes. Ce cycle est alimenté par l’énergie nucléaire libérée par le noyau de la terre, à l’origine de la géodynamique terrestre.
Couronne
Partie supérieure d’une pierre facettée, au-dessus de la ceinture, en dessous de la table. Elle joue un rôle essentiel dans l’apparence de la gemme. Une couronne bien taillée accentue la brillance et le scintillement d’une pierre facettée.
Dédoublement optique
Effet visuel où une facette, un relief ou une image à travers la gemme apparaît dupliqué.
Il se produit dans les gemmes biréfringentes (anisotropes), où la lumière se divise en deux rayons se déplaçant à des vitesses différentes à l’intérieur du cristal. Chaque rayon suit une direction légèrement différente, produisant deux images légèrement décalées vues par l’observateur. Les corindons (saphir, rubis) et péridots sont connus pour montrer du dédoublement optique. D’une manière générale, plus une gemme possède une biréfringence élevée, plus l’effet de dédoublement optique est marqué.
Défaut de surface
Se dit d’une irrégularité limitée à la surface d’une gemme.
Densité
Rapport entre la masse d’un corps et son volume. Exemple : 1 kilogramme d’eau représente un volume de 0,001 m3 (à 4°C), soit une densité de 1.
Densités théoriques de quelques minéraux :
Quartz : ~2,65
Calcite : 2,6-2,8
Péridot : ~3,27
Cérusite : 6,58
Spinelle : 3,53-4,08
Diffusion (traitement)
Traitement utilisé pour modifier ou améliorer la couleur d’une gemme en introduisant, à haute température, des éléments chimiques à plus ou moins grande profondeur au-delà de la surface de la gemme (généralement 0,5mm). Certains saphirs de couleur jaune très pâle, voir incolores, sont diffusés au Béryllium pour leur donner une couleur orange, plus désirable. Attention, ce traitement étant généralement peu pénétrant (~0,5mm) les gemmes ayant subit une diffusion ne peuvent être retaillées, au risque d’une diminution partielle ou totale de la saturation, voir l’apparition d’une autre couleur non-visible initialement.
Dichroïsme
Se dit d’une gemme pléochroïque qui présente deux couleurs ou intensités de couleur selon la direction de l’observation ou de la lumière polarisée.
Dichroscope
Instrument de gemmologie permettant d’observer deux des couleurs d’une gemme pléochroïque pour une direction d’observation donnée.
Diffraction
Phénomène d’interférence particulier par lequel la lumière blanche est décomposée en ses couleurs spectrales. La diffraction est à l’origine du jeu de couleurs dans les opales.
Ce phénomène se produit par des interférences constructives d’ondes réfléchies aux interfaces de l’alternance régulière de microstructures présentant des indices de réfraction différents au sein d’un minéral (microfentes, réseaux cristallins, empilements ordonnés, etc.).
Dispersion
Phénomène physique par lequel la lumière blanche, ou toute autre lumière polychromatique, se sépare en ses différentes couleurs spectrales en traversant un prisme ou un matériau réfringent. Lorsqu’une gemme disperse suffisamment la lumière, elle rend alors visible des éclats colorés appelés « feux », observables notamment dans le diamant, la cérusite, la sphalérite, la wulfénite …
Double réfraction
Phénomène par lequel la structure cristalline divise la lumière en deux rayons se déplaçant à des vitesses différentes à l’intérieur du cristal, et où chaque rayon suit une direction légèrement différente.
Double Réfraction Anormale (ADR)
Fausse indication de double réfraction causée par des tensions internes à un matériau, qui se sont formées lors de la formation de ce dernier.
Doublet
Procédé qui consiste assembler une pierre véritable souvent de moindre qualité avec un matériau de moindre valeur (verre, pierre synthétique, quartz…) pour imiter une pierre plus chère ou pour donner à la pierre une couleur ou un éclat particulier. Certaines opales subissent ce procédé afin de renforcer leur couleur et de faire ressortir leur jeu de couleurs.
Durabilité
La durabilité d’une gemme désigne sa capacité à résister à l’usure, aux chocs, rayures et dégradations au fil du temps. Elle repose sur plusieurs propriétés physiques et chimiques, telles que la dureté, la ténacité et la stabilité chimique. En résumé, elle désigne la résistance d’une gemme aux conditions quotidiennes (chocs, exposition à l’air, humidité, variations de température, produits chimiques), tout en préservant son apparence et sa beauté.
Dureté
Elle désigne la résistance à la rayure d’un matériau. C’est l’une des propriétés physiques les plus importantes pour évaluer la durabilité d’une gemme. La dureté d’une pierre est mesurée selon l’échelle de Mohs, qui classe les minéraux de 1 à 10, 1 étant la dureté la plus faible (par exemple, le talc) et 10 la plus élevée (le diamant).
Éclairage en champ sombre
Technique de microscopie où la lumière éclaire l’échantillon sous un angle oblique. Cette méthode permet un contraste élevé et aide à observer des détails fins qui seraient difficilement observables avec un éclairage direct.
Éclairage réfléchi
Technique d’éclairage en microscopie où la lumière est projetée sur l’échantillon de manière à ce qu’elle soit réfléchie par la surface de l’objet, plutôt que transmise à travers ce dernier. Cette technique permet d’observer les détails de surface des gemmes.
Éclat
Il correspond au rapport entre la lumière réfléchie et la lumière reçue. Il désigne la façon dont un minéral renvoie la lumière, telle qu’on la perçoit visuellement. L’éclat est également ce qui donne la brillance des pierres gemmes.
On distingue plusieurs types d’éclats : métallique, submétallique, vitreux, adamantin, soyeux, nacré, gras, cireux et terreux.
En règle générale, l’éclat est lié à l’indice de réfraction et reste principalement indépendant de la couleur :
Éclat vitreux : indice de 1,3 à 1,9
Éclat adamantin : indice de 1,9 à 2,6
Éclat sub-métallique : indice de 2,6 à 3
Éclat métallique : indice supérieur à 3
Effet Lait et Miel
Phénomène optique observé sur certaines gemmes chatoyantes placées perpendiculairement à une source de lumière, en particulier le chrysobéryl. Cela se traduit par une alternance de zones opaques et translucides, semblable à un mélange de lait et de miel.
Éléments de transition
Les éléments de transition sont des métaux situés au centre du tableau périodique (groupes 3 à 12) qui, lorsqu’ils sont présents dans la structure cristalline, influencent la couleur et les propriétés optiques d’un cristal. Ces éléments, comme le chrome, le fer ou le titane, absorbent certaines longueurs d’onde de lumière en raison de leurs orbitales d.
Éléments en traces
Désigne la présence accidentelle ou systématique d’éléments chimiques en quantités extrêmement faibles dans un minéral, à l’échelle des parties par million (ppm) ou même par milliard (ppb). Bien que ces éléments ne constituent qu’une petite fraction d’un minéral, leur présence peut avoir un impact significatif sur ses propriétés (couleur, fluorescence) et son apparence générale.
Empreinte digitale (fingerprint)
Inclusion ressemblant souvent à une empreinte digitale, souvent liée à la cicatrisation d’une cassure. Attention, ce type d’inclusion peut être retrouvé aussi bien dans les gemmes naturelles que dans les pierres synthétiques.
Environnement oxydant
Désigne un milieu où des réactions d’oxydation peuvent se produire, c’est-à-dire où des atomes ou des molécules peuvent perdre des électrons, généralement en présence d’oxygène ou d’autres agents oxydants. Ce type d’environnement est propice à des processus chimiques où des substances réagissent avec l’oxygène, ce qui peut entraîner des changements dans les propriétés chimiques et physiques des matériaux.
Environnement réducteur
Désigne un milieu où des réactions de réduction se produisent, c’est-à-dire où des atomes ou des molécules gagnent des électrons. Dans un tel environnement, les agents réducteurs (atomes, ions, molécules capables de fournir des électrons) permette d’empêcher ou de limiter les réactions d’oxydation.
Érosion
Désigne un processus géologique par lequel les roches et minéraux de la surface terrestre sont usés, fragmentés et transportés par des agents naturels tels que l’eau, le vent, la glace ou la gravité. Ce phénomène agit sur les paysages au fil du temps, modifiant leur forme et leur structure. L’érosion peut être lente et graduelle ou plus rapide en fonction des conditions environnementales. On distingue plusieurs types de mécanisme d’érosion : mécanique, hydrique, chimique, éolien, glaciaire …
Espèce
Classe regroupant des minéraux qui sont identiques en termes de composition chimique et de structure cristalline.
Face cristalline
Se dit d’une surface plane qui délimite un cristal. Elle peut varier en taille et forme, et présenter des caractéristiques comme des motifs de croissance ou des lacunes.
Facette
Désigne une surface plane taillée sur une gemme, généralement pour maximiser sa brillance et son éclat.
Fenêtre
Phénomène qui se manifeste lorsque l’on peut voir à travers la pierre en regardant par la table, donnant à la pierre un aspect visuellement moins profond et souvent moins brillant. La table apparaît alors éteinte (sans brillance), tandis que le contour de la couronne peut rester brillant. Ce défaut est lié à plusieurs facteurs, tels que la proportion du pavillon, la disposition des facettes, l’indice de réfraction du matériau, ainsi que la forme de taille choisie.
Feux
Désigne les éclats colorés produits lorsqu’une gemme disperse la lumière.
Figure optique
Motif lumineux qui peut être observé lors de l’analyse d’une gemme à l’aide d’un conoscope et d’un polariscope. Ce motif fournit des informations sur les propriétés optiques de la gemme, permettant de déterminer dans le cas d’une gemme anisotrope si cette dernière est de structure biaxiale ou uniaxiale.
Filon
Un filon est une veine résultant d’une intrusion de matériau hydrothermal ou magmatique ou sédimentaire (souvent du quartz, du métal ou d’autres minéraux ou roches) au travers d’une roche préexistante.
Filtre polarisant
Se dit d’un dispositif optique qui permet de bloquer certaines directions de vibration d’une lumière polychromatique. La lumière blanche, qui est généralement composée de vagues vibrantes dans toutes les directions, peut être polarisée, ce qui signifie que les vagues vibrent dans une seule direction spécifique. Un filtre polarisant ne laisse passer que la lumière dont les vibrations sont orientées dans une direction particulière, tandis qu’il bloque les autres orientations.
Filtre Chelsea
Dispositif optique composé d’un verre filtrant imprégné d’oxydes métalliques laissant passer certaines longueurs d’ondes (principalement dans le rouge et le vert), utilisé pour observer la réaction des gemmes à la lumière afin d’aider à leur identification, notamment à détecter les gemmes contenant du chrome (Cr).
Finition
Qualité du polissage et de la taille d’une pierre taillée.
Fluide hydrothermal
Solution chaude sous pression pouvant dissoudre, transporter et déposer des minéraux au travers de structures géologiques plus ou moins profondes.
Fluorescence
Phénomène physique où un matériau émet de la lumière visible (ou parfois ultraviolette) après avoir absorbé de l’énergie, généralement sous forme de lumière ultraviolette. Lors de ce processus, les électrons du matériau sont excités par l’absorption d’un photon, puis réémettent cette énergie sous forme de lumière d’une longueur d’onde plus longue (ou d’une couleur différente). La fluorescence cesse rapidement après l’excitation, contrairement à la phosphorescence, qui perdure plus longtemps.
Ce phénomène est employé pour aider à l’identification des gemmes lorsqu’elles sont exposées à de la lumière UV courte ou longue. Par exemple, certaines pierres comme le saphir, le rubis ou l’ambre peuvent présenter des couleurs fluorescentes distinctes sous lumière UV, ce qui permet de les distinguer d’autres matériaux d’aspects similaires. La couleur de la fluorescence peut varier selon la composition chimique du matériau, ce qui constitue un outil précieux dans le cadre de l’identification des gemmes.
Forme
Contour d’une pierre taillée vue de face, souvent définis par sa ceinture.
Forme fantaisie
Englobe toute forme de pierre taillée autre que la taille rond brillant.
Fracture
Toute cassure dans une gemme à l’exception du clivage, plan de macle, accolement et interpénétration non maclée.
Fusion à la flamme (procédé Verneuil)
Principale méthode de fabrication des cristaux de corindon synthétiques, basée sur la fusion de poudre d’alumine (Al₂O₃) à l’aide d’un chalumeau oxy-hydrogène. La matière fondue (alumine) se dépose progressivement sur un cristal d’amorce, formant ainsi un cristal en forme de stalagmite, appelé « boule ». La couleur du cristal est déterminée par l’ajout d’oxydes métalliques, tels que le chrome pour le rouge, le cobalt pour le bleu… Ce procédé est également utilisé pour la fabrication de spinelles synthétiques, mais également de cristaux artificiels, comme le titanate de strontium.
Gamme de couleurs
Palette de couleurs dans lesquelles une même gemme peut être trouvée.
Gemme
Une gemme est une pierre minérale, parfois d’origine organique, non-synthétique ou artificielle, qui a été taillée et qui présente des qualités spécifiques telles que la durabilité, la beauté et la rareté. Ces caractéristiques lui confèrent une valeur particulière et justifient son usage privilégié en bijouterie ou sa conservation en collection. Cette définition permet d’identifier et de classer précisément les gemmes, tout en reconnaissant que leur attrait va bien au-delà des simples critères techniques.
Gemmologie
La gemmologie est la science pluridisciplinaire qui s’intéresse à l’étude des gemmes, combinant des connaissances en minéralogie, géologie, chimie et physique. Son objectif principal est d’identifier les gemmes, de déterminer les traitements qu’elles ont pu subir, de les différencier des gemmes synthétiques, hybrides, des contrefaçons et des imitations, d’analyser les inclusions caractéristiques, de définir leur origine géographique et d’évaluer leur qualité et leur valeur.
Gisement
Désigne une accumulation naturelle de minéraux ou de ressources exploitables présentes dans le sol et/ou sous-sol terrestre. Ces matières peuvent être extraites pour leur utilisation industrielle, artisanale, commerciale ou scientifique. Le terme est couramment utilisé pour décrire les réserves de métaux, de combustibles fossiles, ou d’autres substances minérales. Les gisements peuvent varier en taille, en composition et en qualité, et sont souvent exploités par des méthodes d’extraction comme le forage, la mine ou carrière à ciel ouverte ou souterraine.
Gisement primaire
Concentration de minéraux ou de métaux dans la roche où ils se sont formés, sans transport ni redistribution.
Gisement secondaire (Placer)
Concentration de minéraux ou de métaux formée après l’altération ou l’érosion d’un gisement primaire, par transport et accumulation des éléments utiles dans un nouveau lieu. Exemple : les placers aurifères sont des gisements secondaires d’or formés par le lessivage des roches aurifères primaires.
Goldstone
Imitation d’un feldspath aventurescent (pierre de soleil) par du verre coloré auquel est ajouté des fragments d’un matériau réfléchissant pour reproduire le phénomène d’aventurescence (typiquement des paillettes cuivre pour imiter la pierre de soleil).
Gravité spécifique (densité relative)
Rapport de la masse volumique d’une substance à celle de l’eau. En d’autres termes, c’est un nombre qui indique combien de fois une substance est plus ou moins dense que l’eau.
Groupe
Un groupe minéral est un ensemble de minéraux qui partagent une structure cristalline commune et une composition chimique similaire, mais qui peuvent différer légèrement par des éléments chimiques spécifiques. Un exemple de groupe est celui des grenats, qui comprend deux séries (pyralspite = grenats alumineux et ougrandite = grenats calciques) comprenant elles mêmes des espèces (almandin, pyrope, ouvarovite…).
Habitus
L’habitus d’un minéral fait référence à la forme générale, l’apparence ou la configuration externe d’un cristal ou d’un agrégat de cristaux. Cela inclut la taille, la forme cristalline, les proportions, la texture de surface, ainsi que la manière dont les cristaux sont agencés entre eux. L’habitus d’un minéral peut offrir des indices sur ses conditions de cristallisation et son environnement de formation.
Hydrothermal
En géologie, ce terme se réfère à la circulation de fluides (hydrothermaux) riches en éléments chimiques et sels minéraux dans la partie supérieure de la croûte continentale et aux formations minérales qui leur sont associées.
En gemmologie, ce terme se réfère à un procédé de synthèse de cristaux. Ce procédé consiste à recréer dans un autoclave (≃cocotte-minute) les conditions de température et de pression rencontrées dans les veines hydrothermales naturelles. Les cristaux synthétiques issues de ce procédé se forment à partir de cristaux germinatifs plongés dans une solution aqueuse enrichie en éléments chimiques.
Hololithe
Se dit d’un bijou fabriqué (taillé) dans un seul morceau de pierre brute.
Idiochromatique
Se dit d’une substance dont l’élément chimique colorant fait partie intégrante de sa composition chimique. En d’autres termes, la couleur d’un minéral idiochromatique est intrinsèquement liée à sa composition chimique, exemple : le cuivre (Cu) de la turquoise (CuAl6(PO4)4(OH)8·4H2O).
Cela s’oppose aux minéraux allochromomatiques dont la couleur dépend de la présence accidentelle de traces/d’impuretés d’éléments chimiques chromophores.
Immersion
Technique permettant d’estimer l’indice de réfraction d’une gemme transparente et d’évaluer si cette dernière a fait l’objet d’un traitement par diffusion. L’immersion consiste à observer la gemme testée dans un liquide de réfraction s’approchant au maximum de l’IR de cette dernière.
Dans le cas où l’IR de la gemme ne serait pas connu, le liquide de réfraction dont l’IR est le plus proche de celui de la gemme testée sera celui qui effacera le plus le relief de la gemme.
Vue au travers d’un liquide de réfraction d’IR adapté, les gemmes diffusées présentent régulièrement une saturation de la couleur plus importante au niveau des arêtes, ou encore, une partie interne de couleur légèrement différente, voire incolore.
Imprégnation
Traitement consistant à remplir les pores et autres ouvertures d’une gemme (souvent des cabochons) avec une cire fondue, une résine, un polymère ou encore du plastique, pour en améliorer l’apparence et la stabilité. La turquoise est l’une des pierres les plus souvent traité par imprégnation.
Inclusion
Se dit d’un solide, liquide, ou gaz emprisonné dans un minéral.
Inclusion biphasée
Se dit d’une inclusion de type cavité contenant, un liquide et un gaz, ou plus rarement un liquide et un solide, ou un gaz et un solide.
Inclusion triphasée
Se dit d’une inclusion de type cavité contenant un liquide, un gaz et un ou plusieurs solides.
Inclusion fluide
Se dit d’une inclusion de type cavité emplit d’un liquide.
Indigolite
Terme commercial qui désigne une tourmaline bleue.
Indice de réfraction (IR)
Grandeur physique décrivant le comportement de la lumière dans un milieu. L’indice de réfraction (IR) d’un matériau est calculé par le rapport de la vitesse de la lumière dans le vide (c= 299 792 458 m.s-1) sur la vitesse de la lumière dans le matériau étudié. L’IR de la plupart des gemmes est mesurable au moyen d’un réfractomètre classique (analogique).
Inorganique
Se dit d’un matériau qui n’est pas issu du vivant.
Intaille
Se dit de gemmes, souvent plates, gravées en creux.
Interférence
Se dit de l’interaction entre deux ou plusieurs ondes cohérentes de même fréquence.
Intrusion
Se dit d’une masse de roche ignée cristallisée à profondeur variable.
Iridescence
Phénomène qui créé des couleurs changeantes sur certaines surfaces en fonction de l’angle observation, comme pour des huiles flottant sur l’eau, à cause de la manière dont la lumière interagit avec des films fins.
En d’autres termes, certaines ondes lumineuses sont réfléchies par la surface supérieure du film, tandis que d’autres pénètrent et peuvent être à leur tour réfléchies par l’interface inférieure avec le milieu environnent et peuvent s’additionner avec les précédentes. En fonction de l’indice de réfraction, de l’épaisseur du film, et de l’angle d’incidence des rayons lumineux, certaines ondes réfléchies demeurent en phase (s’aditionnent avec d’autres = interférence constructive), tandis que d’autres subissent un déphasage partiel ou total (total = interférence destructive).
Irisation
Similaire à l’iridescence, mais qui désigne plus spécifiquement des variations de couleur dues à l’épaisseur d’une microstructure, comme une fissure au sein d’une gemme.
Irradiation
Traitement consistant à exposer une gemme à des rayonnements életromagnétiques (rayons x, gamma) ou subatomiques (électrons, neutrons) afin de modifier ou d’intensifier sa couleur. L’irradiation provoque des changements dans la structure électronique du cristal, créant ou accentuant des centres de couleur. Le traitement peut être permanent ou nécessiter une chauffe complémentaire pour stabiliser la couleur. Parfois, il n’est pas possible de stabiliser la couleur d’une pierre irradiée. En étant réguliérement exposée à la lumière ou à une source de chaleur la gemme est alors condamnée à progressivement perdre sa saturation ou reprendre sa couleur d’origine. Les topazes de teintes commerciales durables comme Sky Blue, Swiss Blue ou London Blue sont souvent irradiées et ensuite chauffées pour stabiliser la couleur.
Isochromes
Parfois difficiles à observer, les isochromes sont visibles comme des anneaux colorés concentriques à l’analyse d’un matériau au polariscope + conoscope. Elles sont en réalité des franges d’interférence déformées concentriquement par le conoscope. Associées aux isogryres, elles forme une figure optique, permettant de déterminer le caractére optique biaxe ou uniaxe d’une gemme anisotrope.
Isogyres
Se dit des zones sombres observées dans les figures optiques des gemmes anisotropes, résultant de l’extinction de la lumière polarisée selon certaines directions optiques.
Isométrique
De manière générale, isométrique signifie « égale mesure » et s’applique à des distances, des dimensions ou des proportions selon le domaine. En cristallographie, un cristal est dit isométrique lorsque ses trois axes sont sensiblement égaux. Les cristaux isométriques appartiennent au système cristallin cubique.
Isotrope
Se dit d’un matériau, d’une gemme, dont les propriétés optiques sont identiques dans toutes les directions. Une gemme isotrope ne présente qu’un seul indice de réfraction et n’est donc pas biréfringente.
Jeu de couleurs
Effet visuel des opales précieuses qui se manifeste par des éclats de couleurs changeantes visibles à la surface ou à l’intérieur de la pierre lorsque l’on modifie l’angle d’observation ou l’éclairage.
Le jeu de couleurs est dû au phénomène de diffraction de la lumière, provoqué par la structure interne très ordonnée de l’opale, constituée de sphères microscopiques de silice hydratée disposées en réseau régulier. Lorsque la lumière traverse cette structure, certaines longueurs d’onde sont réfléchies tandis que d’autres sont transmises, certaines » s’additionnes » (interférences constructives) produisant ces couleurs spectaculaires.
Nous n’avons pas encore de terme commençant par la lettre « K » à expliquer. N’hésitez pas à nous soumettre vos suggestions pour compléter cette rubrique !
Labradorescence
Phénomène optique caractéristique de la labradorite, où des éclats colorés apparaissent à la surface du minéral. Ce phénomène résulte de la diffraction de la lumière par des couches alternées de feldspaths à compositions chimiques différentes (potassiques et calco-sodiques). Ces couches se forment lors de l’exsolution sub-solidus des feldspaths pendant un refroidissement lent de la roche. La structure lamellaire crée des interférences lumineuses, produisant ainsi des éclats de couleur distincts.
Laiteux
En géologie, un minéral est dit laiteux lorsqu’il présente un aspect translucide avec une diffusion de la lumière à l’intérieur, donnant une apparence trouble ou laiteuse. Cette opacité est souvent due à la présence d’inclusions ou de microstructures qui empêchent la lumière de passer de manière nette à travers le matériau, créant une sorte de brume interne.
Lecture ponctuelle
Méthode de lecture de l’indice de réfraction d’une gemme sur une surface courbe (typiquement d’un cabochon) au réfractomètre.
Liqueur dense
Liquide de densité connue utilisé en gemmologie pour estimer la densité d’une pierre gemme. La gemme est plongée dans la liqueur et son comportement (flotte, suspension ou coule) permet d’évaluer si sa densité est inférieure, approximativement égale ou supérieure à celle du liquide. Cette méthode constitue un outil rapide d’aide d’identification des gemmes, complémentaire aux mesures plus précises comme la balance hydrostatique.
Liquide de réfraction
Liquide dont l’indice de réfraction est précis et connu. Ils sont utilisés en gemmologie de différentes manières pour mesurer ou estimer l’indice de réfraction d’une gemme.
Les liquides à indice élevé (généralement compris entre 1,79 et 1,81) sont employés notamment avec un réfractomètre afin de permettre la mesure du ou des indices de réfraction des gemmes.
Ils sont également utilisés dans les méthodes d’immersion, où l’indice de réfraction de la gemme est comparé à celui du liquide : lorsque les indices sont proches, la limite visuelle entre la gemme et le liquide devient difficile à distinguer, fournissant ainsi une estimation de l’IR d’une gemme.
Longueur d’onde
La longueur d’onde (de notation λ) est la distance séparant deux points successifs d’une onde périodique vibrant de la même façon. Elle permet de caractériser une onde et dépend de sa fréquence et de sa vitesse de propagation. La lumière est une onde électromagnétique transversale qui se propage dans le vide à une vitesse finie d’environ 300 000 km/s.
Exemple pour la lumière : la lumière visible possède des longueurs d’onde comprises entre environ 400 nm pour le violet et 700 nm pour le rouge, ce qui explique ses différentes couleurs et ses interactions avec la matière comme l’absorption, la réflexion ou la déviation.
Loupe triplet
Une loupe optique composée de 3 lentilles généralement collées ou assemblées ensemble, conçue pour corriger les principales aberrations (chromatiques et sphériques), permettant une image très nette.
Lumière
La lumière est une onde électromagnétique qui se propage dans le vide à une vitesse c=299 792 458 m/s. Elle est caractérisée par une longueur d’onde et une fréquence. La partie de la lumière perceptible par l’œil humain est appelée lumière visible (de 380 nm à 780 nm). En physique, on peut aussi considérer la lumière comme un flux de photons (particules d’énergie), ce qui illustre son double caractère onde-corpuscule. Elle permet d’expliquer l’aspect visuel des gemmes et joue un rôle essentiel dans leur identification.
Macle
Association orientée de deux ou plusieurs cristaux de même espèce, appelés individus, liés entre eux selon une loi de symétrie précise (plan, axe ou centre). Une macle peut être simple (deux cristaux) ou multiple (plusieurs cristaux associés selon la même règle, comme les macles polysynthétiques des plagioclases). Elle se forme par accolement (contact suivant une face) ou par interpénétration. Les macles se reconnaissent souvent à la présence d’angles rentrants ou de bandes parallèles.
Macroscopique
Désigne ce qui est visible ou mesurable à l’échelle humaine, sans microscope, par opposition à microscopique. En d’autres termes, c’est ce qui peut-être observé directement à l’œil nu sans instrument de grossissant.
Maille cristalline (ou maille élémentaire)
Elle est la plus petite unité d’un cristal qui, répétée dans les trois directions de l’espace, reconstitue le réseau entier et conserve sa structure ainsi que ses propriétés physiques et chimiques. Elle peut être primitive ou conventionnelle et fait partie des 14 réseaux de Bravais regroupés en 7 systèmes cristallins.
Matrice
Elle désigne la gangue ou le support sur lequel se développent une cristallisation.
Métamicte
Se dit d’un minéral dont le réseau cristallin est partiellement ou totalement désorganisé par l’irradiation interne due à la présence d’éléments radioactifs (uranium, thorium), pouvant évoluer vers un état amorphe tout en conservant sa composition chimique.
Microcristallin
Se dit d’une roche ou d’une texture constituée de cristaux très petits, généralement invisibles à l’œil nu et observables seulement au microscope.
Métamorphisme de contact
Le métamorphisme de contact est la transformation minéralogique et structurale d’une roche provoquée par une forte élévation de température, souvent due à son contact avec une intrusion de magma de quelques mètres à plusieurs centaines de mètres. Cette transformation se produit généralement dans les roches situées autour du magma, dans une zone limitée appelée auréole métamorphique, et se fait sous une pression relativement faible.
Métamorphisme régional
Le métamorphisme régional est la transformation des roches à grande échelle sous l’effet de fortes pressions et de températures élevées, généralement en profondeur dans la croûte terrestre lors des mouvements tectoniques et de la formation des chaînes de montagnes. Il peut affecter des volumes de roches très importants sur plusieurs kilomètres d’épaisseur et sur de vastes surfaces. L’intensité du métamorphisme varie selon les conditions de pression et de température et se caractérise par l’apparition de nouveaux minéraux dits néoformés. Ces transformations se produisent sans modification globale de la composition chimique de la roche protolithe.
Minéral
Substance inorganique solide qui se présente sous forme d’un cristal ou d’un solide cristallin.
Minéraloïde
Un minéraloïde est une substance minérale qui ressemble à un minéral, mais qui ne présente pas de structure cristalline définie, contrairement aux minéraux, qui ont un réseau cristallin ordonné. Les minéraloïdes sont amorphes et se forment souvent par refroidissement rapide ou précipitation chimique.
Exemples courants de minéraloïdes : l’ambre, l’opale.
Monochromatique
Se dit d’une lumière constituée d’une seule longueur d’onde ou d’un intervalle très étroit de longueurs d’onde. Cela signifie que pour une source de lumière monochromatique, toutes les ondes lumineuses ont la même fréquence et la même énergie, ce qui correspond à une seule couleur spectrale.
Un exemple bien connu est le laser rouge utilisé dans les pointeurs laser, dont la lumière est presque monochromatique et possède une longueur d’onde d’environ 650 nm.
Motif de croissance en chevron
Se dit de motifs caractéristiques de certaines gemmes synthétiques hydrothermales, ressemblant à des dents de scie. L’émeraude synthétique hydrothermale présente ce type de motif, bien que son observation soit parfois délicate.
Nucléation
Se dit de la partie initiale d’un processus de synthétisation par lequel un cristal commence à se former dans un milieu sursaturé en refroidissement, lorsque les conditions de température, pression et de concentration permettent aux particules de s’organiser spontanément en un noyau cristallin stable. Cette méthode de synthétisation permet de s’affranchir de l’emploi de cristaux germinatifs dans certaines synthèses.
Organique
Désigne les matériaux qui proviennent d’organismes vivants ou qui ont une origine biologique. Ces matériaux sont issus soit du règne animal, soit du règne végétal, et se distinguent des matériaux minéraux qui sont uniquement formés par des processus géologiques, sans facteur biologique. Parmi les exemples les plus connus de gemmes d’origine organique, on trouve les perles, qui se forment dans les mollusques en réaction à l’intrusion d’un corps étranger, et le corail, qui provient des colonies de coraux marins. L’ambre est également une gemme d’origine organique, étant une résine fossilisée d’arbres, conservant parfois des inclusions d’organismes (exemple : insectes).
Origine géographique
Désigne le lieu naturel où une gemme ou un minéral s’est formé et a été extrait, correspondant au gisement, à la région ou au pays de provenance, comme par exemple Myanmar (ex Birmanie) pour certains rubis, Sri Lanka pour de nombreux saphirs ou Colombie pour des émeraudes. Cette notion permet de relier une pierre à un contexte géologique spécifique et constitue un élément d’étude scientifique grâce à l’analyse des caractéristiques minéralogiques, chimiques et des inclusions qui peuvent révéler les conditions de formation du gisement. Elle joue également un rôle important dans la traçabilité des gemmes et dans le contrôle du commerce des pierres, notamment dans le cadre de dispositifs internationaux comme le Processus de Kimberley pour les diamants. Enfin, l’origine géographique peut influencer la valeur commerciale d’une gemme lorsque certaines provenances, réputées pour la qualité ou la rareté de leurs pierres, sont particulièrement recherchées sur le marché.
Opalescence
Désigne la propriété optique d’une gemme transparente ou translucide qui par phénomène de diffusion lui donne un aspect ou une teinte laiteuse.
OTL (Over The Limit)
Dans certains cas, notamment, lorsque l’IR d’une gemme est trop élevé, généralement au-delà de 1,79, la lecture de l’indice de réfraction n’est plus possible au moyen d’un réfractomètre classique. On parle alors de « OTL », qui signifie « Over The Limit ». Dans ces conditions, il est alors possible de mesurer l’IR d’une gemme « OTL » au moyen d’un réfractomètre digital, ou par calcul des profondeurs réelles et apparentes.
Padparadscha
Appellation commerciale faisant référence à une couleur de saphir rare, rose-orangé.
Parallaxe
Se dit d’une lecture fluctuante, décalée, de l’indice de réfraction (IR) au réfractomètre. Ce phénomène, pouvant fausser l’identification des gemmes, peut être causé par un excès de liquide, une surface irrégulière ou un léger mouvement de la tête lors de la lecture de l’IR au réfractomètre.
Pavillon
Partie inférieure d’une pierre facettée, située sous la table et la ceinture. Le pavillon permet à la lumière d’être réfléchis à l’intérieur de la gemme et de ressortir par la couronne. Un pavillon correctement proportionné maximise la brillance d’une pierre facettée et influence sa saturation de couleur.
Phosphorescence
Fait référence au phénomène de luminescence où un matériau continue d’émettre de la lumière après l’extinction de la source d’excitation (souvent UV ou rayons X). Ce processus résulte de l’absorption de photons qui élèvent les électrons à un état excité, suivi d’une transition vers un état fondamental avec un retard temporel, libérant ainsi de l’énergie sous forme de lumière.
Pierre calibrée
Se dit d’une gemme taillée à des dimensions précises et standardisées, souvent utilisées en bijouterie pour s’adapter parfaitement à un montage ou à une série.
Pierre de couleur
Se dit de toute gemme à l’exception du diamant.
Pierre hybride
Rarement employé, ce terme fait référence à une pierre qui combine des matériaux naturels et synthétiques, incluant des traitements comme remplissage de fracture au verre ou avec des polymères, ou la création de doublets et triplets.
Pierre d’imitation
Se dit d’un matériau artificiel, synthétique ou naturel utilisé pour imiter une autre pierre, souvent une gemme de valeur importante.
Pierre synthétique
Désigne une pierre fabriquée en laboratoire, qui présente essentiellement la même composition chimique, structure cristalline et les propriétés que son homologue naturel.
Pierre de Slocum
Imitation d’opale mise au point par John L. Slocum dans les années 1970, composée de verre contenant de fines inclusions ou films interférentiels d’oxyde d’aluminium qui produisent des irisations semblables au jeu de couleurs de l’opale naturelle, mais non par diffraction. En d’autres termes, ces films interférentiels agissent un peu comme des couches très fines qui créent des reflets colorés selon l’angle de vision.
Piézoélectricité
La piézoélectricité est la capacité de certains matériaux à générer une différence de potentiel électrique (variation de charges électriques entre deux points) lorsqu’ils sont soumis à une pression mécanique ou à une déformation. Ce phénomène se produit notamment dans des cristaux comme le quartz, où les charges électriques à l’intérieur du cristal se déplacent sous l’effet de la contrainte, produisant ainsi un courant électrique.
Plan de macle
Se dit du plan cristallographique qui définit la relation d’orientation entre deux ou plusieurs cristaux maclés, associé à des opérations de symétrie définies.
Pléochroïsme
Propriété des minéraux anisotropes de présenter des couleurs différentes selon la direction d’observation, due à une absorption sélective de la lumière. On distingue deux formes de pléochroïsme : le dichroïsme (présence de deux couleurs différentes) et le trichroïsme (présence de trois couleurs différentes).
Pneumatolytique
Se dit d’un processus géologique qui intervient lors des stades finaux de la cristallisation d’un magma, caractérisé par l’action de fluides riches en vapeur, gaz et éléments chimiques riches en métaux et halogènes (bore, chlore, béryllium, fluor, lithium, niobium, étain) qui migrent vers des fractures ou cavités du granite et déposent des minéraux spécifiques.
Ces minéraux pneumatolytiques incluent, par exemple, le béryl, la tourmaline, la topaze ou la cassitérite, et se forment souvent dans des pegmatites, greisens ou filons périphériques au granite. Le processus se distingue des phénomènes hydrothermaux par sa température plus élevée (374–600 °C) et sa composition gazeuse prédominante, avant que l’eau devienne majoritaire à l’étape hydrothermale.
Polarisation
La polarisation de la lumière est le phénomène par lequel les vibrations du champ électrique d’une onde lumineuse s’orientent selon une direction privilégiée. Dans la lumière non polarisée, ces vibrations sont aléatoires, tandis que dans la lumière polarisée, elles suivent un motif régulier. Ce phénomène se rencontre notamment lors de la réflexion, de la diffusion ou à travers des filtres polarisants.
Polariscope
Un polariscope est un instrument optique composé de deux filtres polarisants qui permet d’étudier la réaction d’une pierre à la lumière polarisée. Placée entre ces filtres et observée en rotation, une gemme anisotrope présente des alternances d’éclairage et d’extinction, s’illuminant puis s’assombrissant au cours de la rotation en raison de la biréfringence liée à sa structure cristalline, tandis qu’une gemme isotrope reste constamment sombre dans toutes les positions. Cet appareil permet ainsi de distinguer rapidement ces deux catégories de pierres, de révéler des contraintes internes ou des anomalies optiques (comme l’ADR). Complété par un conoscope, il permet d’observer des figures d’interférence distinguant les gemmes uniaxes, des gemmes biaxes, utiles pour l’identification.
Polychromatique
Se dit d’une source de lumière dont le spectre d’émission présente plusieurs couleurs. Par exemple, la lumière émise par le soleil est polychromatique. Lorsque l’on observe les couleurs issues de sa décomposition (diffraction) au travers d’un arc-en-ciel, on constate que la lumière du jour est constituée de plusieurs couleurs (en réalité d’un ensemble de longueurs d’onde).
Polychrome
Désigne une pierre qui présente plusieurs couleurs visibles à l’œil nu, soit réparties en zones distinctes, soit en dégradés ou nuances à l’intérieur du cristal. Ces variations de couleur peuvent être dues à la composition chimique ou aux impuretés.
Prix au carat
Il désigne le coût d’une gemme pour une unité de masse appelée carat, équivalent à 0,20 gramme. Il permet de comparer la valeur de gemmes de même nature (ou pas parfois) indépendamment de leur taille totale, tout en tenant compte de critères comme, la couleur, la pureté, la masse, l’espèce, l’origine géographique… qui déterminent ce prix.
Provenance
Se dit de l’historique de propriété ou de l’origine d’une gemme ou d’un bijou.
Pureté
La pureté se réfère au degré de qualité interne d’une gemme. Elle est évaluée en fonction de la quantité et de la visibilité des inclusions, des cassures, en relation avec le type de gemme.
Nous n’avons pas encore de terme commençant par la lettre « Q » à expliquer. N’hésitez pas à nous soumettre vos suggestions pour compléter cette rubrique !
Rayon extraordinaire
Il s’agit d’un rayon lumineux qui suit une trajectoire différente de celle du rayon ordinaire lorsqu’il traverse un cristal biréfringent. Dans ce cas, la vitesse de propagation de la lumière dépend de l’angle d’incidence et de la direction de propagation par rapport au cristal. Le rayon extraordinaire résulte de l’interaction complexe entre la lumière et les propriétés optiques du matériau, ce qui peut entraîner une déviation de la lumière.
Rayon ordinaire
Rayon lumineux qui se propage dans un cristal biréfringent en suivant une trajectoire influencée par la structure du cristal. Sa vitesse de propagation et son indice de réfraction (nₑ) varient en fonction de la direction dans le cristal. Il se dédouble et peut changer de direction en fonction de l’orientation du cristal.
Raie d’absorption
Une ligne verticale sombre, nette et marquée dans le spectre d’absorption d’une gemme. Ces lignes, visibles à l’aide d’un spectroscope, résultent de l’absorption de certaines longueurs d’onde de la lumière par la gemme. Elles sont caractéristiques de chaque minéral et sont causées par des transitions électroniques dans les atomes ou ions présents dans la structure cristalline de la pierre. Elles aident à identifier la nature d’une gemme, parfois à déterminer le ou les éléments responsables de sa coloration, sa composition chimique, et certains traitements.
Raie d’émission
Une ligne verticale d’intensité lumineuse plus élevée que les couleurs spectrales (longueurs d’ondes transmises). Ces lignes, observables au moyen d’un spectroscope, résultent de la fluorescence…. Exemple avec le spinel (chrome) mais inhibé si trop de fer.
Rayon ultraviolet
Se dit de rayons électromagnétiques dont la longueur d’onde est plus courte que celle de la lumière visible, généralement entre 10 et 400 nm. En gemmologie, les UV sont utilisés pour détecter des caractéristiques des pierres comme la fluorescence, avec des longueurs d’onde classiques de 365 nm (UV-L) et 254 nm (UV-C), qui révèlent des réactions variées, comme la fluorescence bleue des diamants ou la ténébrescence de l’hackmanite.
Réfraction
La réfraction est le changement de vitesse et de direction de la lumière lorsqu’elle traverse les frontières entre deux matériaux. En gemmologie, elle est mesurée par l’indice de réfraction (RI) d’une pierre, et certaines pierres, comme le diamant, ont une réfraction simple, tandis que d’autres, comme le zircon, montrent une double réfraction, où la lumière se divise en deux rayons distincts.
Réfraction simple
La réfraction simple (ou réfraction unique) se produit lorsque la structure cristalline d’une gemme ne modifie la lumière entrante que par réfraction et absorption, sans diviser la lumière en plusieurs rayons. Cela se produit dans des cristaux ayant une structure atomique symétrique, comme le diamant, où la lumière est simplement réfractée sans être divisée.
Remplissage (traitement)
Le remplissage de fractures est un traitement qui consiste à combler les fissures ou fractures d’une gemme avec une substance transparente (comme de l’huile, de la résine ou du verre), afin de les rendre moins visibles et d’améliorer l’apparence d’une gemme. Le remplissage doit avoir un indice de réfraction proche de celui de la gemme pour que la lumière passe à travers de manière uniforme, rendant ainsi la fracture discrète.
Roche
Une roche est un matériau naturel presque toujours induré et constitué, essentiellement ou en totalité, d’un assemblage de minéraux. Les roches peuvent être classées en trois grandes catégories selon leur origine : ignées (formées par la solidification du magma), sédimentaires (formées par l’accumulation de sédiments, et comportant parfois des fossiles), et métamorphiques (formées par la transformation de roches préexistantes sous l’effet de la chaleur et de la pression).
Roche ignée
Une roche ignée, aussi appelée roche magmatique, est une roche qui se forme lorsque du magma, c’est-à-dire de la roche en fusion à l’intérieur de la Terre, ou de la lave à la surface, refroidit et se solidifie.
Il existe deux grands types de roches ignées. Les roches intrusives se forment en profondeur, où le refroidissement est lent, ce qui permet la formation de gros cristaux visibles, comme dans le granite. Les roches extrusives, quant à elles, se forment à la surface de la Terre lors d’éruptions volcaniques. Le refroidissement y est rapide, ce qui donne des cristaux très petits ou invisibles, comme dans le basalte.
Les roches ignées jouent un rôle essentiel dans la formation de la croûte terrestre et sont à l’origine de nombreuses structures géologiques.
Roche métamorphique
Une roche métamorphique est une roche qui résulte de la transformation d’une roche préexistante, appelée roche mère, sous l’effet de fortes pressions et de températures élevées, sans passer par un état liquide.
Ce processus, appelé métamorphisme, modifie la structure, la texture et parfois la composition minéralogique de la roche. Les minéraux peuvent se réorganiser et former de nouveaux assemblages plus stables dans les nouvelles conditions.
Les roches métamorphiques se forment généralement en profondeur dans la croûte terrestre, notamment lors de la formation des montagnes ou à proximité de masses de magma. Par exemple, le marbre provient de la transformation du calcaire et le schiste résulte du métamorphisme de roches argileuses.
Roche sédimentaire
Une roche sédimentaire est une roche formée par l’accumulation, le dépôt et la transformation de sédiments, c’est-à-dire de particules issues de l’érosion d’autres roches ou de restes d’organismes vivants.
Ces sédiments se déposent généralement en couches successives dans des bassins de sédimentation (au fond des mers, des lacs ou sur les continents…). Avec le temps, ils se compactent et se cimentent pour former une roche solide, un processus appelé diagenèse.
Les roches sédimentaires peuvent contenir des fossiles, ce qui en fait des témoins précieux de l’histoire de la vie et des anciens environnements. Par exemple, un calcaire issue d’un ancien environnement marin se forme souvent à partir de coquilles, micro-algues, squelettes.., tandis que le grès provient de l’accumulation de grains de sable.
Les roches sédimentaires occupent une grande partie de la surface de la Terre et jouent un rôle important dans la compréhension des paysages et du passé géologique.
Rubellite
Nom gemmologique / commercial désignant une élbaïte rose à rouge intense, appartenant au groupe des tourmalines.
Saturation
Se dit de l’intensité de la couleur d’une gemme. Elle traduit à quel point la teinte est vive et par rapport à un gris (pour les gemmes de couleurs froides) ou à un brun (pour les gemmes de couleurs chaudes). La saturation est généralement évaluée sur une échelle de 1 (faible) à 6 (vive), et varie selon l’espèce minérale : certaines gemmes rares, comme le rubis ou la tourmaline paraíba, peuvent atteindre le niveau maximal.
Scintillement
Se dit du jeu d’éclats de lumière perçu lorsque la pierre est vue en mouvement, produit par les reflets des facettes et donnant l’impression de points lumineux mobiles.
Signe optique
Le signe optique est une propriété des cristaux biréfringents qui caractérise la relation entre les indices de réfraction et la propagation de la lumière à l’intérieur de la pierre. Dans un cristal uniaxe, le signe est dit positif lorsque l’indice extraordinaire est supérieur à l’indice ordinaire, et négatif dans le cas inverse. Dans un cristal biaxe, le signe est positif lorsque l’axe Z correspond à l’indice de réfraction le plus élevé, et négatif lorsqu’il correspond à l’indice le plus faible. La détermination du signe optique peut se faire par la mesure des indices de réfraction au réfractomètre ou par l’observation au polariscope en utilisant un coin de quartz ou d’autres lames compensatrices, qui permettent d’identifier le sens de la biréfringence. Le signe optique constitue ainsi un critère utile pour identifier une espèce minérale et caractériser une gemme.
Silicate
Un silicate est un minéral dont la structure est basée sur l’unité fondamentale appelée tétraèdre silicaté, constitué d’un atome de silicium entouré de quatre atomes d’oxygène, de formule SiO₄.
Ces tétraèdres peuvent s’associer de différentes manières en partageant certains atomes d’oxygène, ce qui donne lieu à une grande diversité de structures et donc de minéraux. Selon leur mode d’organisation, on distingue plusieurs grandes familles de silicates, comme les nésosilicates à tétraèdres isolés, les inosilicates en chaînes, les phyllosilicates en feuillets ou encore les tectosilicates en réseaux tridimensionnels.
Les silicates constituent la très grande majorité des minéraux de la croûte terrestre et comprennent de nombreuses gemmes importantes comme le quartz, les feldspaths, les grenats ou les micas.
Soie
En gemmologie, la soie désigne un type d’inclusion formée de très fines aiguilles minérales, généralement orientées de manière parallèle à l’intérieur d’une gemme. Ces aiguilles sont le plus souvent constituées de rutile, mais peuvent aussi être d’autres minéraux selon la pierre.
Ces inclusions donnent un aspect doux et soyeux à la gemme, d’où leur nom. Elles peuvent diffuser la lumière et produire des effets optiques particuliers. Par exemple, lorsqu’elles sont organisées selon plusieurs directions, elles peuvent provoquer un phénomène d’astérisme, c’est-à-dire l’apparition d’une étoile lumineuse à la surface de la pierre, comme dans certains rubis ou saphirs.
La présence de soie est importante en gemmologie car elle peut aider à identifier l’origine naturelle d’une pierre, à distinguer une gemme naturelle d’une synthétique, et à évaluer d’éventuels traitements thermiques, car la soie peut être altérée ou dissoute par la chaleur.
Spectre
Le spectre est la répartition d’un rayonnement électromagnétique en fonction de sa longueur d’onde ou de sa fréquence. Il correspond à l’ensemble des radiations lumineuses qu’une source peut émettre, transmettre ou absorber, et peut être observé à l’aide d’un spectroscope.
Spectre d’absorption
Fait référence au spectre obtenu lorsqu’une lumière blanche traverse une substance. Certaines longueurs d’onde sont absorbées par les atomes ou les ions présents, ce qui se traduit par des bandes ou des raies sombres sur un fond lumineux. En gemmologie, ce spectre est caractéristique de la composition chimique d’une pierre et permet d’aider à son identification.
Spectre d’émission
Se dit du spectre produit par une substance qui émet de la lumière, généralement lorsqu’elle est excitée (par de la chaleur, autre rayonnement ou une décharge électrique). Il apparaît sous forme de raies lumineuses colorées sur un fond sombre, chaque élément chimique produisant un spectre spécifique.
Spectre visible
Il correspond à la partie du spectre électromagnétique perceptible par l’œil humain, comprise approximativement entre 400 et 700 nanomètres. Il s’étend du violet au rouge et constitue la portion de lumière que l’on peut observer directement, notamment lors de la dispersion de la lumière blanche.
Spectrométrie Raman
La spectrométrie Raman est une technique d’analyse non-destructive qui permet d’identifier une substance en mesurant le décalage de fréquence de la lumière diffusée après interaction avec un laser. Ce décalage, appelé effet Raman, est caractéristique des vibrations des liaisons chimiques et sert de signature pour reconnaître les matériaux, notamment en minéralogie.
Spectrophotomètre
Appareil de mesure qui analyse la lumière transmise par une substance en fonction de la longueur d’onde. Il permet d’obtenir un spectre d’absorption et d’identifier les éléments ou composés présents.
Spectroscope
Instrument optique qui permet d’observer directement le spectre de la lumière émise, transmise ou absorbée par une substance. Il décompose la lumière en ses différentes longueurs d’onde, révélant parfois des raies ou des bandes caractéristiques. Utilisé en gemmologie, il aide à identifier une gemme en comparant le spectre d’absorption observé avec des spectres de référence connus.
Stabilité
Capacité d’une pierre à résister aux effets de la lumière, de la chaleur et des agents chimiques sans altération de sa couleur, de sa structure ou de son aspect.
Structure cristalline
Fait référence à l’organisation régulière et répétitive des atomes dans un cristal, formant un réseau ordonné dans l’espace. En relation avec la composition chimique, elle détermine les propriétés physiques et optiques du minéral, comme sa dureté, son éventuel clivage et son comportement vis-à-vis de la lumière.
Style de taille
Il désigne la manière dont les facettes d’une gemme sont organisées afin d’influencer ses effets optiques. On distingue principalement trois styles de taille : le style brillant se caractérisant par des facettes triangulaires ou en losange disposées de façon à maximiser le scintillement de la gemme, le style en gradins (= à degré) présentant des facettes rectangulaires ou trapézoïdales disposées en marches parallèles, qui met moins l’accent sur le scintillement, mais valorise davantage la couleur de la pierre tout en produisant une brillance plus homogène. Enfin, le style mixte combine ces deux approches afin d’obtenir un équilibre entre scintillement, brillance et mise en valeur de la couleur. Parallèlement, on peut considérer un 4e style moins courant sur le marché des gemmes, dit fantaisie, qui comprend notamment la taille de courbes concaves ou convexes.
Subduction
La subduction est un processus géodynamique des zones de convergence où une plaque tectonique, généralement océanique et plus dense, s’enfonce sous une autre dans le manteau. Ce plongement se fait le long d’un plan incliné (plan de Wadati-Benioff) marqué par une forte activité sismique. En profondeur, la plaque subduite subit des transformations et libère des fluides qui provoquent la formation de magma, à l’origine d’un volcanisme souvent explosif. La subduction entraîne aussi la formation de fosses océaniques, de chaînes de montagnes et participe au recyclage de la lithosphère dans le manteau terrestre.
Substitution isomorphe
La substitution isomorphe est un phénomène minéralogique par lequel un ion est remplacé par un autre de taille et de charge proches au sein de la structure cristalline d’un minéral, sans en modifier l’organisation générale. Ce remplacement, rendu possible par la similitude des rayons ioniques et des charges, permet de conserver la structure tout en faisant varier la composition chimique.
Cette substitution peut entraîner des variations de propriétés comme la couleur, la densité ou la dureté, et conduire à la formation de séries continues entre différents pôles chimiques. Par exemple, dans le groupe des grenats, on distingue la série Pyralspite (Pyrope, Almandin, Spessartine) et la série Ugrandite (Grossulaire, Andradite, Uvarovite), où différents cations se substituent partiellement ou totalement tout en conservant la même structure cristalline.
Tabulaire
Se dit d’un cristal ou d’un minéral présentant un habitus aplati, caractérisé par un développement prédominant selon deux directions cristallographiques et une faible extension selon la troisième, lui conférant un aspect en lame ou en plaque. La baryte (baritine), la wulfénite, et la cérusite sont des exemples de minéraux pouvant adopter ce type habitus.
Table
Facette sommitale principale d’une pierre facettée, généralement taillée parallèlement à la ceinture. Certaines pierres facettées de taille fantaisie peuvent toutefois ne pas présenter de table, la table peut aussi être inclinée afin de créer des effets optiques particuliers.
Taille à gradins (= à degré)
Style de taille caractérisé par des facettes allongées, rectangulaires ou trapézoïdales, disposées en rangées parallèles et superposées en gradins autour de la pierre facettée. Ce style privilégie la mise en valeur de la couleur, plutôt que le scintillement.
Taille brillant (style)
Style de taille caractérisé par un agencement de facettes triangulaires et en forme de losange, disposées de manière radiale, optimisant la réflexion, le scintillement, et la dispersion de la lumière, ce dernier facteur dépendant toutefois des propriétés optiques du matériau (dispersion + biréfringence).
Taille fantaisie
Terme dont le sens varie selon le matériau :
– Pour le diamant, désigne l’ensemble des tailles autres que le brillant rond.
– Pour les pierres de couleur, désigne une taille libre, pouvant comporter des surfaces planes et/ou courbes, sans contrainte stricte de style.
Taille mixte
Style de taille combinant le style brillant et le style en gradins, généralement avec une couronne brillant et un pavillon taillé en gradins (= taille à degré), permettant d’équilibrer scintillement, brillance et mise en valeur de la couleur.
Ténacité
Propriété qui décrit la résistance d’une gemme aux chocs, à la rupture ou à la fragmentation. Elle est distincte de la dureté, qui mesure uniquement la résistance aux rayures. Par exemple, un matériau peut être dur mais peu tenace : comme un verre à ballon qui, bien que dur, se brise facilement en tombant d’une hauteur d’un mètre, alors qu’un morceau de bois, moins dur, résiste au choc et reste intact grâce à une meilleure ténacité.
Ténébrescence (photochromisme réversible)
Phénomène observé chez certains minéraux, qui se traduit par un changement de couleur lorsqu’ils sont exposés à la lumière, en particulier aux ultraviolets. Cette modification est réversible, le minéral retrouvant progressivement sa teinte initiale une fois replacé dans l’obscurité ou parfois sous l’effet d’une légère chauffe. Elle s’explique par des réarrangements d’électrons liés aux défauts du cristal, qui modifient la manière dont la lumière est absorbée. Un exemple classique est celui de la hackmanite, qui devient violette sous UV avant de redevenir pâle dans l’obscurité. Contrairement à la fluorescence et à la phosphorescence, il ne s’agit pas d’une émission de lumière, mais simplement d’une variation de couleur.
Teinte
La teinte correspond à la couleur immédiatement perceptible d’une gemme, c’est-à-dire l’aspect chromatique général qui se dégage à l’observation. Elle permet d’identifier la dominante colorée d’une gemme, indépendamment de sa saturation ou de son ton, et constitue l’un des critères essentiels de la description d’une couleur en gemmologie.
Ton
Le ton désigne le degré de luminosité ou d’obscurité d’une gemme, indépendamment de sa couleur.
Tourmaline chromifère
Terme commercial désignant une tourmaline vert vif colorée par des traces de chrome et/ou de vanadium. Observée au filtre Chelsea, elle peut présenter une teinte rose à rougeâtre caractéristique, liée au chrome.
Tourmaline Paraíba
Terme commercial désignant une tourmaline aux couleurs vives bleu à vert néon, due à la présence de cuivre (Cu²⁺), initialement découverte dans l’État de Paraíba au Brésil
Tourmaline pastèque
Terme commercial désignant une tourmaline, généralement une elbaïte, présentant une zonation avec un centre rose entouré d’une surcroissance verte.
Traitement
Désigne toute intervention humaine, autre que les pratiques traditionnelles lapidaires, visant à modifier l’apparence ou les propriétés d’une gemme, afin d’en améliorer l’aspect, la durabilité ou la valeur commerciale.
Traitement à la fumée
Traitement appliqué à certaines opales consistant à envelopper la pierre dans du papier (journal, papier brun ou aluminium) ou à l’imbiber d’huile, l’ensemble est ensuite chauffé (brûlé) afin que de la fumée ou des résidus carbonés de la combustion pénètrent légèrement sous sa surface. Cette infiltration de carbone a pour effet d’assombrir la couleur de fond de l’opale et de faire ressortir plus nettement son jeu de couleurs. L’altération reste toutefois superficielle et se manifeste souvent par un aspect sombre irrégulier.
Traitement par teinture
Procédé consistant à introduire des substances colorantes dans une pierre afin d’en modifier ou d’en intensifier la couleur. La teinture s’infiltre préférentiellement dans les fissures, les pores ou les zones altérées du matériau, ce qui rend ce traitement particulièrement efficace sur les gemmes poreuses ou microfracturées. Il est souvent précédé d’opérations telles qu’un blanchiment, destiné à éliminer ou à atténuer la couleur d’origine pour permettre une recoloration plus homogène, et/ou d’un choc thermique, utilisé pour provoquer ou accentuer un réseau de microfissures facilitant la pénétration du colorant. Utilisé pour reproduire des teintes plus recherchées, sa stabilité est variable, la couleur pouvant évoluer sous l’effet de la lumière, de la chaleur ou de certains agents chimiques.
Traitement au sucre
Traitement des opales consistant à les imprégner d’une solution chaude de sucre, puis à les plonger dans de l’acide sulfurique. Sous l’effet de l’acide, le sucre se transforme en carbone qui se dépose dans les pores de la pierre, assombrissant sa couleur de fond et mettant en valeur son jeu de couleurs. Ce traitement n’affecte que les couches superficielles de l’opale.
Traitement par chauffe
Procédé consistant à exposer une gemme à des températures élevées afin d’améliorer son apparence, notamment sa couleur, sa pureté ou certains phénomènes optiques. Les effets obtenus sont généralement stables et durables.
Transfert de charge
Phénomène par lequel des électrons se déplacent entre ions voisins dans la structure cristalline d’une gemme, entraînant une absorption sélective de la lumière et influençant ainsi sa couleur.
Translucide
Qualifie une matière qui laisse passer la lumière de façon diffuse, sans permettre de voir clairement à travers.
Transparent
Qualifie une matière qui laisse passer la lumière sans diffusion significative, permettant de voir nettement à travers.
Triplet
Pierre assemblée constituée de trois couches distinctes de matériaux, collées ou fusionnées, ou de deux couches associées à une couche de ciment coloré, formant une seule pierre. Les triplets sont utilisés pour imiter des gemmes naturelles ou pour améliorer la couleur, l’apparence et la durabilité, notamment lorsque les matériaux seuls seraient insuffisants ou trop fragiles pour être utilisés tel quel.
Uniaxe
Se dit d’un cristal qui possède un seul axe optique, c’est-à-dire une direction selon laquelle la lumière ne subit pas de biréfringence. Les minéraux uniaxes appartiennent aux systèmes cristallins quadratique, hexagonal et rhomboédrique.
En d’autres termes, si l’on mesure l’indice de réfraction d’un minéral anisotrope uniaxe parfaitement sur son axe optique à l’aide d’un réfractomètre, il est monoréfringent dans cette direction : la valeur ne varie pas, contrairement aux autres directions qui n’appartiennent pas à l’axe optique et pour lesquelles le minéral présente une biréfringence.
Variété
Une variété est une version d’une espèce minérale qui se distingue par sa couleur, sa forme ou son apparence particulière, ce qui lui vaut un nom spécifique sans changer l’espèce minérale de base. Par exemple, l’émeraude est une variété verte du béryl.
Contrairement à une nouvelle espèce, une variété ne modifie ni la composition chimique essentielle, ni la structure cristalline. Ses différences proviennent souvent de traces d’éléments chromophores ou de variations mineures dans la composition chimique. Plus rarement, c’est la morphologie des cristaux qui justifie la distinction, comme pour certaines formes inhabituelles de minéraux connus.
Nous n’avons pas encore de terme commençant par la lettre « W » à expliquer. N’hésitez pas à nous soumettre vos suggestions pour compléter cette rubrique !
Xénocristal
Un xénocristal est un cristal présent dans une roche magmatique qui ne s’est pas formé à partir du magma lui-même, mais qui a été emporté depuis une roche préexistante lors de l’intrusion ou de la cristallisation.
Nous n’avons pas encore de terme commençant par la lettre « Y » à expliquer. N’hésitez pas à nous soumettre vos suggestions pour compléter cette rubrique !
Zonation de couleur
Fait référence à des zones de couleurs différentes dans une gemme, généralement sous forme de bandes ou de zones anguleuses distinctes. Les zonations de couleurs résultent de variations des conditions de croissance du minéral (température, chimie de fluides, irradiation…).
Zone d’extinction
Ce terme désigne, dans une gemme transparente facettée, des zones qui apparaissent sombres ou noires lorsqu’on les observe sous un certain angle. Ce phénomène est plus ou moins marqué selon le matériau, les proportions de la pierre et les angles des facettes.
Zone de croissance courbe
Se dit des lignes de croissance courbes présentent dans les pierres de synthèse issues des procédés Verneuil (croissance par fusion à la flamme) et pulling. Les zones de croissance courbes sont de manière générale moins présentes dans les synthétiques issues du procédé pulling, que dans ceux issues du procédé Verneuil, de par les différences entre ces deux procédés.
